09 avril 2009

Nous ne baisserons pas les bras

On ne se parlait pas...

Pendant deux semaines, deux semaines seulement mais deux semaines historiques pour cette école où les problèmes se transmettent d'une promotion à l'autre comme on se refile une maladie, pendant deux semaines on a commencé à se parler.

Ces deux semaines auront d'abord et avant tout accouché de ces rencontres entre les étudiants eux-mêmes... Des rencontres qu'on pourrait croire à raison si banales et naturelles... Tel est, précisément, le scandale !

- "ça ne tient qu'à vous !"

OUI ! Et ça ne tient qu'aux metteurs en scène d'inviter les ouvriers du cinéma à leur table ! OUI ! Et ça ne tient qu'aux salles de programmer des films plus différents ! OUI ! Et ça ne tient qu'aux producteurs français de faire confiance aux jeunes scénaristes ! OUI ! Et ça ne tient qu'aux jurys de l'école de bien choisir leurs élèves ! Et ça ne tient qu'à notre époque de se mettre à rêver ?

Nous ne cherchons ni des excuses, ni des coupables, nous cherchons les idées concrètes qui permettront de faire de La fémis, dès septembre prochain, un lieu d'émulation cinématographique.

Ce n'est pas l'ultime caprice de petits bourgeois infoutus de s'intéresser par eux-mêmes au monde, c'est le DEVOIR d'une génération de cinéastes qui en a ras le cul de payer l'addition d'une fausse guerre opposant le "cinéma d'auteur" aux autres... C'est le DEVOIR d'une génération d'étudiants qui n'acceptera pas d'avoir honte d'être passés par La fémis.

La "confiance" accordée par ces étudiants au processus de refonte de l'école ne doit tromper personne : ni les responsables de l'école s'ils pensent ainsi étouffer le mécontentement pour mieux récupérer l'élan, ni les étudiants eux-mêmes s'ils pensent le gros du travail accompli ou l'espoir évanoui.

Nous voulons une pensée affirmée du RÔLE de cette école PUBLIQUE !

Nous voulons une école OUVERTE !
- une politique d'accueil des projets extérieurs
- un concours accessible à tous les profils
- une politique de renouvellement des intervenants au sein de l'école
- etc...

Nous voulons une école VIVANTE !
- qui appartienne aux étudiants
- qui reflète la diversité des formes cinématographiques
- qui soit un lieu d'expérimentations artistiques et technologiques
- qui soit un lieu de pensée
- etc...

Pour que ces "voeux" ne restent pas pieux, il faut élaborer, et dans un temps très court, les mesures concrètes que l'école doit prendre pour y répondre dès la rentrée prochaine. Deux dangers : que nos dissensions soient plus fortes que notre volonté de changer l'école ; que notre découragement l'emporte sur notre capacité à CROIRE à ce changement.

Entendons-nous bien : on ne VEUT pas changer les choses, on VA les changer. La seule limite : notre capacité à élaborer les mesures nécessaires. Les ateliers proposés par la direction actuelle ne sauraient être les seuls lieux de cette élaboration, à nous d'en inventer d'autres avec tous ceux qui se sentent concernés (anciens étudiants, membres du comité de soutien, salariés de l'école, intervenants, etc.)

Posté par etats genereux à 14:57 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Nous ne baisserons pas les bras

    Sans titre

    Bonjour, je ne suis pas un ancien de l'école, je n'ai pas fait d'école du tout et de toute manière je ne pense pas qu'on puisse apprendre à faire des films. Techniquement, bien sûr, mais vous savez comme moi que la technique c'est ce qu'il y a de plus facile. C'est pour cette raison que je suis d'accord avec vous, dans le sens où un enseignement de cinéma ne peut pas être neutre et objectif, je vous dis de mettre la caméra parce que. Il m'est arrivé d'intervenir à la Fémis et j'ai toujours constaté que c'est le rapport personnel qui comptait avant tout, de moi à l'étudiant, de l'étudiant à moi (et moi je suis quoi, d'ailleurs, l'étudié ?). Parfois il n'y aucun rapport, la technique alors y pourvoie. Mais jamais un programme, des recommandations ou des souhaits, voire des adjonctions pédagogiques ("ce que nous attendons de…"), formulés par des gens qui ne font pas de films et qui sont très loin de savoir ce que ça fait, ne feront d'un mauvais film un bon film, et inversement.
    Le problème vient aussi à mon sens de la mythification du cinéma, position commodément entretenue à la Fémis. Il faut arrêter ce cinéma. Et faire des films.
    Je ne sais pas quoi penser de tout ce que vous dites, plein de choses m'échappent, mais j'y suis très sensible. Bon courage.
    Pierre Léon

    Posté par Pierre Léon, 09 avril 2009 à 15:44 | | Répondre
  • proposition pour une nouvelle organisation

    Bonjour,

    je redis ici ma proposition pour l'école future (copiée sur le fonctionnement de la DFFB à Berlin): chaque étudiant entrant a un budget, qu'il utilise comme bon lui semble au long de sa scolarité. Les projets de films viennent des étudiants, n'ont pas de durée maximale, ni de cahier des charges. Ainsi l'étudiant est amené à faire un vrai devis! Les étudiants qui le souhaitent peuvent se spécialiser dans une branche technique, sans cesser de faire des films. Ainsi les étudiants cessent d'être infantilisés et ont l'occasion de se conduire en adultes.
    Bon. voilà. Bonne chance à vous.
    Anne B.

    Posté par Anne Benhaïem, 09 avril 2009 à 18:34 | | Répondre
  • proposition pour une nouvelle organisation

    Bonjour,

    je redis ici ma proposition pour l'école future (copiée sur le fonctionnement de la DFFB à Berlin): chaque étudiant entrant a un budget, qu'il utilise comme bon lui semble au long de sa scolarité. Les projets de films viennent des étudiants, n'ont pas de durée maximale, ni de cahier des charges. Ainsi l'étudiant est amené à faire un vrai devis! Les étudiants qui le souhaitent peuvent se spécialiser dans une branche technique, sans cesser de faire des films. Ainsi les étudiants cessent d'être infantilisés et ont l'occasion de se conduire en adultes.
    Bon. voilà. Bonne chance à vous.
    Anne B.

    Posté par Anne Benhaïem, 10 avril 2009 à 10:09 | | Répondre
  • juste ça...

    Je relis ce petit texte "nous ne baisserons pas les bras", je me dis qu'en fait c'est tout bête ce qu'on essaie de faire: que la femis soit plus une école d'art qu'une école d'élite.

    on ne demande finalement que ça! Une école d'art

    si on compare la femis à l'ecole des beaux arts, on sent bien ce vide là: la femis ne respire pas la vie

    Posté par laure D, 12 avril 2009 à 03:51 | | Répondre
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    Posté par Antoine, 13 avril 2009 à 01:42 | | Répondre
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