01 avril 2009

Allocution de Marc Nicolas du 31 03 09

Suite à la remise du Texte de la première semaine des Etats Généreux de la Fémis à Marc Nicolas par le comité de coordination du mouvement, notre directeur a tenu un discours le Mardi 31 mars à 13h lors d'une Assemblée Générale convoquée dans la cour de l'école. Cette allocution répond à la fois au souhait de Marc Nicolas de s'exprimer publiquement et au désir des étudiants de connaître la position de leur directeur sur le mouvement. Voici ce discours.
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Commentaires sur Allocution de Marc Nicolas du 31 03 09

    Une figure de style : La Prétérition

    Prétérition
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    La prétérition (substantif féminin), du latin praeteritio ("action de passer sous silence"), du supin praeteritum, est une figure de style consistant à parler de quelque chose après avoir annoncé que l'on ne va pas en parler. Elle permet de ne pas prendre l'entière responsabilité de ses propos et se reconnaît à l'emploi de formules particulières d'introduction comme « Ai-je besoin de vous dire... ».

    C'est une figure de rhétorique par excellence, en ce qu'elle influence l'attitude de l'interlocuteur, elle éveille son attention, ou attise sa curiosité, commente un raisonnement.


    Définition linguistique

    La prétérition consiste à interrompre son discours en passant sous silence un fragment d'argumentation ou de récit; elle est proche de la suspension et de la réticence.

    Elle se matérialise par un ensemble de signaux et d'indicateurs linguistiques divers : ponctuation (points de suspension, points d'exclamation), figures de style d'appel (apostrophe), déictiques énonciatifs (pronom personnel de première personne, indices spatio-temporels, aspects verbaux), marques introductive de discours (topos de modestie à l'incipit du texte), rupture du récit (digression, ellipse...), la tournure négative (« N'aie-je pas besoin de... ») notamment. La prétérition peut aussi prendre la forme d’une affirmation par laquelle on dit ne pas vouloir faire quelque chose que l’on fait tout de même.

    Comme dans l'exemple « Je ne veux pas te décevoir, mais es-tu sûr d'y arriver? », on peut considérer que l'ironie est la figure hiérarchiquement supérieure à la prétérition ; en effet cette dernière vise à passer sous silence une vérité ou une idée sous-entendue, souvent à des fins d'allusion, d'euphémisme, de litote enfin, figures toutes constitutives de l'ironie.

    Définition stylistique

    La figure a pour but d'attirer l'attention sur un sujet délicat voire conflictuel ou polémique. Les avocats notamment ont souvent recours à ses ressources stylistiques afin d'invoquer le pathos des interlocuteurs. Elle leur permet également d'instaurer une connivence avec le public en insistant sur l'évidence du fait et que la figure souligne. Les orateurs également fondent leurs discours sur la prétérition, comme Bossuet dans son Oraison funèbre de Marie-Thérèse d'Autriche :

    « Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est Dieu qui donne les grandes naissances, les grands mariages, les enfants, la postérité. »

    L'effet de la prétérition est ici renforcé par l'utilisation d'une énumération. La figure est en effet adaptable à bon nombres d'autres procédés: métaphores, comparaisons, litotes, euphémismes, etc.

    Elle peut également servir pour faire mine de ne pas aborder un sujet, en prétextant son manque de compétence en la matière :

    « Je ne suis pas compétent pour vous dire... »

    La prétérition est très employée dans les descriptions romanesques: pour évoquer un paysage ou une scène ineffables que l'on se refuse de décrire, n'en étant pas capable.

    Enfin la figure peut avoir un effet comique, dépendant du contexte et de la capacité pour l'interlocuteur à décoder le sens masqué par la prétérition, en ce sens elle est une figure privilégiée de l'ironie, que note Philippe Hamon notamment.

    Genres concernés

    La poésie y a recours :

    Saintes demeures du silence,
    Lieux pleins de charmes et d'attraits,
    (...)
    Quelle assez brillante couleur
    Peut tracer la peinture
    De votre adorable splendeur?

    Les moins éclatantes merveilles
    De ces plaintes et de ces bois
    Pourraient-elles pas mille fois
    Epuiser les plus doctes vieilles?
    (Jean Racine, Le Paysage ou Promenade de Port-Royal des champs.)

    Il en est de même du roman:

    « Nous n'essaierons pas de donner une idée de ce nez tétraèdre. » (Victor Hugo : Quasimodo dans Notre-Dame de Paris)


    Historique de la notion

    La notion a pour nom premier celui de prétermission en rhétorique classique.On parle aussi de paralipse.

    Pierre Fontanier la nomme « figure d'expression par opposition ».

    Pour Philippe Hamon, dans Introduction à l'analyse du descriptif, la prétérition se présente comme « la lexicalisation d'un manque, d'un défaut de compétence du descripteur (...) Elle est alors le signal d'une distance, d'une tension ou d'une contradiction entre une intention déclarée et un faire réalisé, entre un refus ou une impuissance à dénommer et un luxe de nominations subséquentes, donc, souvent, signal privilégié d'un effet d'ironie. ».

    Posté par Le linguiste, 02 avril 2009 à 22:19 | | Répondre
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